dranses du Valais

Voyage le long des Trois Dranses en Valais

 

Randonnée en Valais – été 2014 par manuemonod

Imaginez la petite troupe: des enfants entre 3 et 9 ans (mais pas toujours les mêmes), deux ânes, et deux adultes (pas toujours les mêmes non plus), qui se promènent au gré de leurs envies le long de 3 magnifiques rivières, qui ont toutes un point commun: leur nom, les trois Dranses: la Dranse de Bagnes, la Dranse d’Entremont et la Dranse de Ferret (en Valais, Suisse). Trois vallées que nous avons arpenté en long et en large, au rythme des enfants, des ânes et des épisodes de pluie, pendant 3 semaines, en juillet 2014.

Vous connaissez la chanson de Henri Dès, La Petite Charlotte ? Nous en avons réécrit les paroles, et voilà ce que ça donne:

Kiticlop qui est là? C’est la bande des Bouquetins
Kiticlop, qui est là? c’est la bande des Bouquetins
Mais où allez-vous comme ça?
On sait, on sait pas
Mais on y va, on y va, c’est plus simple comme ça…

J’avais décidé de suivre le Sentier des Bisses, qui démarre au Col du Lein et qui va jusqu’à Vercorin. Pour ce voyage, Blaise n’a pas pu je joindre à nous, il avait des tas de choses à faire à la maison et pour le travail. J’ai donc invité des copains/copines à me rejoindre, avec leurs enfants. C’est ainsi que le dimanche 13 juillet, Pierre-Etienne et ses deux enfants Camille et Mathieu nous ont retrouvées au Col du Lein.

Nous avons pris l’après-midi pour organiser le paquetage. Pierre-Etienne a docilement respecté la liste de matériel que je lui avais demandé de prendre…. en y rajoutant “2-3 petites choses” et une quantité impressionnante d’emballages… On a donc commencé par tout sortir des emballages: loin les sacs de compression, loin les trousses de toilette, loin les pochettes de rangement ! Sa femme nous quitte en fin d’après-midi, un sac IKEA rempli de pochettes Eagle Creek de toutes tailles et de tout format… Nous voilà fin prêts pour décoller le lendemain matin.

Voilà, nous sommes en route. Au bout d’environ 5 minutes sur le bisse, nous nous heurtons à un premier obstacle: une falaise. Le bisse s’y engage sur une passerelle en bois très étroite. Les ânes passent sûrement, mais quelque chose me dit que cela ne vaut pas la peine.

C’est le premier jour, nous venons à peine de marcher 15 minutes, et nous voilà déjà à devoir débâter. Bon. Pour prendre une décision, le mieux est encore de s’asseoir et de prendre un petit goûter. Les enfants sont ravis d’une telle initiative. C’est qu’il y en a, des bonnes choses, dans nos sac à goûter. Tout ce qu’il y a de bon pour la santé: bonbons, chocolats, compotes industrielles, sucettes… de quoi faire taire des enfants qui auraient eu envie de râler!

Des randonneurs nous croisent. Je me renseigne: le bise est-il praticable plus loin, est-ce le seul passage délicat? Heureusement, nous avons affaire à des gens du coin qui le connaissent par coeur: “Euh, non, c’est pas franchement idéal avec les ânes. Il y a le ravin à passer, il y a un bout très raide plus loin…”

Pas besoin de m’en dire plus. Faisons demi-tour, et nous rejoindrons le bisse plus loin, vers le couverte de la Vatse. Cela nous fait redescendre pour remonter, là les enfants râleront (et hop, une sucette!!!), mais la Vatse nous fait tout oublier: un joli replat avec une vue magnifique sur la plaine du Rhône, le massif des Muverans, des Diablerets, bref, on se régale!

Jour 2. La carte nous indique que le bisse rejoint la Vatse ici. Or il n’arrive pas ici, il arrive bien plus haut. Merci les cartes imprécises! Nous retrouvons enfin le bisse tant convoité. Il nous accueille tout d’abord avec un joli chemin forestier tout plat, magnifique, on en redemande.

Voilà que le chemin se transforme en sentier étroit. Il passe dans un petit tunnel trop étroit pour les ânes, nous sommes obligés de le contourner et c’est déjà un peu scabreux. Après le tunnel, il mue sous la forme d’une passerelle en bois le long d’une falaise délitée (tiens, j’ai comme un sentiment de déjà vu…)

Cette fois-ci, on devrait pouvoir passer. C?est assez large, pas besoin de débatter. Je passe avec Gribouille, les sacoches frottent contre la barrière et la falaise, Gribouille n’aime pas du tout ça, accélère, me bouscule… elle veut vite sortir de là la pauvre. Ouf, nous sommes dehors. Popette suit, se croche, mais s’en sort aussi, toute seule comme une grande.

Et là, juste là, l’obstacle, celui qui mettra définitivement fin au sentier des bisses avec les ânes… un rocher qui a décidé de rester là, au milieu du sentier, une grosse bosse bien ronde qui n’inspire pas du tout confiance à Gribouille, car il n’y ait rien dessus qui n’accrocherait le sabot…

J’essaie quand même un peu. Mais étant moi-même pas très convaincue de vouloir passer 3 semaines à me battre pour faire passer les ânes dans des sentiers plats certes, mais étroits, scabreux, dangereux, Gribouille le sent et refuse d’aller plus loin. Nous faisons donc demi-tour, et décidons de changer complètement d’itinéraire.

Gribouille aura vu juste… plus tard, nous apprendrons que le bisse en question n’est de toute manière plus praticable, même pour de simples piétons, en raison d’un éboulement au dessus de Saxon.

Ouf…

 

 

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