Voyage dans les Bauges, été 2020

Les Bauges, ça vous dit quelque chose? Cela fait maintenant bientôt 15 ans que nous vivons au Salève, et nous n’étions jamais allés nous balader dans ce joli massif à 1h de chez nous.

C’est à Chevaline que nous laissons le van et commençons notre itinérance de 2 semaines. C’est notre premier voyage depuis l’accident et la mort de Viking et Toundra, nous avons quelques appréhensions. Ainsi, je planifie minutieusement l’itinéraire afin de privilégier autant que possible des chemins larges (routes et chemins forestiers, chemins carrossables), nous évitons les montées et descentes raides, nous contournons les passages rocheux et potentiellement délicats.

Le dernier jour, je l’ai d’ailleurs appelé: “quand tu crois que t’as juste la dernière descente à faire avant de rentrer”. Justement, cette descente était représentée par des petits traits tillés typiques d’un chemin de randonnée pour piéton. Cela n’a pas manqué… après avoir parcouru 200m sur un très joli chemin à plat taillé dans une forêt en pente très raide, et franchi 10 obstacles scabreux avec les chevaux (des passages étroits entre deux troncs, des rochers à sauter, des passages de vieux lapiaz, le virage serré avec le gros rocher en amont…), nous décidons de faire demi-tour. Je crois que c’est la décision la plus difficile à prendre quand on est en voyage. Mais nous sommes fiers de l’avoir prise, de ne pas avoir bravé encore 1’000 obstacles et mis en péril l’intégrité de nos chevaux qui n’ont rien demandé et qui nous font confiance.

C’était aussi notre premier voyage avec Ross et Kára. Elles n’ont pas beaucoup d’expérience de la montagne et n’avaient jamais fait d’itinérance comme cela. Mais elles ont vite pris leurs petites habitudes, les bonnes comme les moins bonnes d’ailleurs. Pas évident de leur apprendre à ne pas bouger quand on les équipe le matin ou les déshabille à la fin de la journée, à ne pas descendre l’encolure pour grappiller quelques brins d’herbe. Après avoir épuisé notre stock de jurons, je crois qu’elles ont fini par comprendre.

Je ne vais pas vous faire un compte rendu détaillé de chaque jour de rando. Je dirais juste que c’était un voyage zen, que la région était magnifique et nous avons trouvé chaque soir des bivouacs superbes. Nous avons même fait encore quelques jours un peu plus au sud, dans le massif de Belledonne, magnifique. Ce voyage nous a permis de nous reconnecter avec les chevaux, avec l’itinérance, et de tourner sereinement la page de l’accident.